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Nous revoilà à nouveau pour exprimer
notre grande grande colère !!!!!!!!
Les raisons de nos revendications sont la situation toujours critique d’IRIS
et des classes bilingues!
Comme vous le savez, les actions et la grande manifestation menées avec succès en février et mars 2009 ont amené la Préfecture, L’Education Nationale, Le Rectorat et la DDASS à se réunir avec IRIS, APES, ANPES, INTERPRETIS lors d’une réunion le 3 Mars 2009. Après une longue entrevue entre eux, cela a été une réunion enrichissante et positive avec beaucoup d’échanges logiques et compréhensibles de la part de l’Administration. Cela s’est conclu par un engagement de la part de La Préfecture, L’Education Nationale/Rectorat et la DDASS pour réaliser un plan de supervision nommé « Mission d’Inspection Interministérielle » afin de définir les rôles de chacun et de les finaliser pour que cela devienne pérenne. Une nouvelle rencontre a été prévue dans les 2 mois suivants pour que chacun puisse faire son rapport. (Une précision : cette mission d’inspection interministérielle était demandée par IRIS et APES depuis 15 ans !!!!...)
Une rencontre a eu lieu le 5 Juin 2009, remarque stupéfiante : L’Education Nationale et La Préfecture n’avaient toujours pas réalisé ni rendu leur rapport !!!! Sans ces supports, impossible de faire avancer la situation fort critique d’IRIS !
De plus, une nouvelle convention devait être signée entre IRIS et L’Education Nationale, la date avait été retenue pour le 25 juin, mais cela n’a pas pu se réaliser car IRIS et APES n’ont pas été invités à leur grande stupéfaction ! IRIS est un partenaire et une référence importants pour l’Education Nationale et la Préfecture qui s’accordent pourtant à affirmer l’intérêt et l’importance à poursuivre ce travail de complémentarité.
De très belles paroles en l’air !!! On a l’impression que l’on s’est moqué de nous et qu’aucun ne mesure L’IMPORTANCE des classes bilingues pour la scolarité des enfants sourds et les conséquences désastreuses si celles-ci devaient disparaître.
Un résumé sur IRIS :
Il y a tout juste deux ans, une convention « filière bilingue en français écrit et langue des signes » entre le ministère de l’Education Nationale et IRIS a été signée. L’Institut de Recherches sur les Implications de la langue des signes (IRIS, à Toulouse) est une structure pionnière en matière de pédagogie et de recherche sur la langue (LSF) depuis plus de 20 ans. L’IRIS anime des activités d’études et de recherches sur la langue des signes, sur la pédagogie en langue des signes dans l’éducation des enfants sourds, sur l’apport de la langue des signes dans l’intégration sociale et professionnelle des sourds. Cette expertise et cette expérience ont abouti à la mise en place d’un dispositif scolaire bilingue à destination des enfants sourds, unique en France : une filière complète, allant de la maternelle au lycée, bilingue français écrit et LSF, portée par des enseignants sourds répartis sur quatre établissements.
Aujourd’hui, l’association IRIS est menacée de fermeture et tout le travail développé depuis toutes ces années est en grand danger de disparition. En effet IRIS met à disposition de l’Education Nationale des ressources humaines (enseignant de LSF par exemple). Le rectorat de Toulouse affirme qu’il a besoin d’IRIS et décrit dans une convention toutes les fonctions qu’IRIS doit assurer… Mais aucun financement n’est prévu pour mettre en oeuvre cette convention. Certes des professeurs sont pris en charge par l’EN, mais la situation reste précaire et non pérenne ce qui met en danger le dispositif.
Si IRIS n’est pas été aidée par l’Etat, ceci implique :
-La disparition de l’expertise sur l’enseignement de la LSF dans les classes bilingues,
-L’interruption de l’accueil des familles désirant visiter les classes dans la perspective de scolariser leur enfant au sein du dispositif, ce qui condamne à terme l’existence même de la filière,
-La fermeture définitive du SESSAD IRIS agréée par la DDASS qui répond aux besoins spécifiques des enfants accueillis à travers des actions éducatives, médico-éducatives, et thérapeutiques,
-La disparition d’un centre d’expertise sur lequel s’appuie le Ministère de l’Education Nationale à travers l’élaboration de contenus pédagogiques, le recrutement des enseignants, l’essaimage du dispositif dans d’autres villes de France, la réalisation de programmes en LSF (notamment les programmes du primaire parus dans le Bulletin Officiel n°33 du 4 septembre 2008) mais aussi à travers un projet à caractère national de plateforme Internet de diffusion de supports pédagogiques à destination des enseignants sur lequel IRIS est maître d’oeuvre,
-La disparition du pôle Recherches sur la langue des signes de l’association permettant d’améliorer les contenus et les techniques d’enseignements au service des enseignants du dispositif,
-La disparition de l’enseignement de la LSF à l’université du Mirail qui touche actuellement 200 étudiants,
-La disparition de l’unique SAVS de la Région destinée à l’accueil des personnes sourdes non autonomes,
-La disparition de la formation à la LSF permettant un développement et une accessibilité aux services de la vie quotidienne dispensée à de nombreux particuliers et entreprises.
-La remise en cause de l’éducation bilingue en France !
La LSF est reconnue comme langue, la matière LSF est admise dans la scolarité, … Surtout pour les entendants, mais l’enseignement EN LSF des jeunes sourds ne se développe toujours pas et les enseignants sourds n’ont pas encore leur place dans le système éducatif. Une langue vitale pour les enfants sourds, pour leur construction identitaire, pour leur permettre d’accéder à l’instruction et au savoir au même titre que tout autre enfant, des professionnels sourds qui ne sont pas reconnus dans leur statut d’enseignant, est-ce l’avenir que nous devons proposer à nos enfants ?
Des discussions en Février et Mars semblaient avoir été un succès, des commentaires, des réflexions qui semblaient bien POSITIVES, mais…
… À présent, c’est l’avenir de nos enfants qui est en danger le CONTRAIRE qui sévit !!
Un vrai dialogue de sourds ??
NOS REVENDICATIONS :
1/ Réclamation immédiate des rapports de la part de L’Education Nationale et de La Préfecture d’après leurs promesses et de leurs propositions de la Mission d’Inspection interministérielle !
2/ Mise en place toujours soutenue de l’enseignement de Langue des Signes Française (LSF) en primaire ? Poste toujours primordial pour les classes bilingues !
3/ Poste toujours sans réponse pour l’accueil des familles venant de La France, et des conseils, de l’accompagnement pour notre structure unique des classes bilingues en France.
4/ Continuité de l’embauche des professeurs contractuels ?
5/ Sauvegarde du budget des frais de l’interprétariat toujours maintenue pour la suite ? Au sein de l’école pour des réunions pédagogiques avec les équipes entendantes (projets d'intégration, vie et fonctionnement de l'école ...), les rencontres avec les parents entendants, les équipes de suivis pour les enfants en difficulté, les rencontres avec les partenaires extérieurs (ex : services sociaux), les visites de classes, les sorties pédagogiques
Nous sommes très déçus ! Nous avons décidé de renouveler nos énergies pour nous mobiliser encore une nouvelle fois afin d’être entendus !!!
Nous exprimons notre colère, notre déception sur :
- Le désintérêt de l’Etat et de la politique menée par le gouvernement actuel en défaveur de la minorité sourde
- Le discrédit porté à la langue des signes dans le système éducatif français.
Décision d’un RDV devant La Préfecture de Toulouse
le jeudi 9 Juillet 2009 à 13h30
Pour exprimer notre GRANDE colère, notre DECEPTION, notre CONFIANCE disparue !
Les engagements n’ont pas été tenus, ni respectés ! C’est scandaleux !
Qu’on arrête de se moquer de nous et de nos enfants !!!
L'avenir que nous voulons pour IRIS est le respect des engagements de l’état et la pérennisation de cette grande association. Nous voulons aussi pour nos enfants une vraie place, un vrai enseignement avec leur langue, et un statut équivalent aux autres citoyens.
Le Groupe de Parents d’Enfants Sourds