Difficultés
des MDPH
Question
N° : 65273 de M. Michel Sainte-Marie (Socialiste,
radical, citoyen et divers gauche -
Gironde)
http://questions.assemblee-national...
Question
publiée au JO le : 01/12/2009 page :
11326 Réponse
publiée au JO le : 30/03/2010 page :
3676
Texte
de la question M. Michel
Sainte-Marie attire l’attention de Mme la
secrétaire d’État chargée de la famille et de la
solidarité sur la difficile situation des maisons
départementales pour les personnes handicapées. Ces maisons
constituent dans chaque département le " guichet unique "
auprès duquel toute personne handicapée peut faire valoir
ses droits. Les maisons départementales pour les personnes
handicapées (MDPH) sont mal en point. Incertitudes
financières et instabilité des personnels menacent la
continuation de leur activité. En juin, les MDPH du
Finistère, de la Seine-et-Marne et de Paris ont
juridiquement acté les dettes que l’État a
contractées envers elles. Celle des Ardennes l’a
assigné au tribunal administratif, faisant craindre pour
l’ensemble des MDPH. Ces maisons, instituée en grande
pompe dans le cadre de la loi handicap du 11 février 2005,
regroupent les compétences des anciennes commissions
départementales de l’éducation spéciale (CDES) et
celles des commissions techniques d’orientation et de
reclassement (Cotorep). Les MDPH gèrent les prestations
compensation handicap et les différentes aides. Elles ont
vocation à offrir un projet de vie individualisé à toute
personne handicapée. En 2008, les dépenses de
fonctionnement des MDPH se sont élevées à 230 millions
d’euros dont 75 % pour le personnel. Certains
postes que l’État s’était engagé à mettre à
disposition n’ont été ni pourvus, ni compensés, ce
qui fragilise la situation financière de la plupart des
MDPH. Côté finances, les différents rapports soulignent la
" grande disparité des situations entre les départements ",
avec une part de l’État qui peut varier de 12 %
à 67 %, amenant les conseils généraux à compenser le
manque financier. Cela pose « la question de
l’équité de traitement sur tout le territoire ».
Le 31 juillet, un versement de 10 millions d’euros a
été annoncé par lui-même, qui tient là un engagement pris
par sa prédécesseure, Valérie Létard. En avril, la caisse
nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui
gère l’argent collecté par la journée pour la
solidarité, avait déjà injecté 15 millions d’euros
supplémentaires dans le dispositif. Or, si l’État
voulait démontrer que le handicap est bien pour lui une
priorité, il tiendrait tous ses engagements financiers.
Aussi il lui demande quelles sont les mesures que le
Gouvernement entend prendre pour remédier à ces problèmes.
Texte
de la réponse L’attention
de Mme la secrétaire d’État chargée de la
famille et de la solidarité a été appelée sur les
difficultés de financement que connaissent les maisons
départementales des personnes handicapées (MDPH). La
création des MDPH constitue un élément central de la
réforme de 2005. Elle a permis d’engager au plan
local un véritable travail partenarial sur la politique
d’accompagnement, d’accès aux droits et à
l’information des personnes handicapées. C’est
pourquoi l’État s’est fortement mobilisé pour
la mise en place de celles-ci : avec 1 200 agents mis
à disposition ou compensés financièrement, et 215 millions
d’euros investis depuis 2006 - sur le total de 390
millions d’euros apporté avec les concours de la
Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie
(CNSA) -, il en reste le premier financeur. Il existe
néanmoins des postes vacants liés notamment à des départs
en retraite ou à la mobilité des agents mis à disposition
des MDPH. C’est la raison pour laquelle, depuis 2007,
l’État a mis en place un dispositif dit de
« fongibilité asymétrique » qui permet de verser
aux MDPH les crédits de rémunération des agents dont le
départ est dû à un départ à la retraite ou à une mutation
hors du département sans remplacement. À ce titre, 20,1
millions d’euros ont été versés en 2007 et en 2008.
En outre, l’État a mobilisé des crédits
complémentaires en 2006 et 2007, d’un montant total
de 16,6 millions d’euros, destinés à répondre aux
retours de mise à disposition non pris en compte au titre
de la fongibilité asymétrique, apportant ainsi une
compensation pour 2006, 2007 et en partie pour 2008. En
2009, le Gouvernement avait annoncé qu’il tiendrait
ses engagements vis-à-vis des MDPH et il s’est
efforcé de le faire. Les subventions de fonctionnement dues
aux MDPH, soit 25,4 millions d’euros ont toutes été
déléguées. Les postes vacants suite à des retours de mise à
disposition ont été intégralement compensés, pour un total
de 9,3 millions d’euros et 7,5 millions d’euros
ont été versés pour la compensation des postes vacants
suite à des départs en retraite ou en mutation. Pour 2010,
le Gouvernement consolide les moyens nécessaires à cette
compensation, puisque l’intégralité des crédits
nécessaires à la compensation des départs en retraite ou en
mutation (soit 13,9 millions d’euros) sera intégrée
en base. Les crédits nécessaires à la compensation des
retours de mise à disposition devraient être dégagés en
gestion. Par ailleurs, en 2009, afin d’aider les MDPH
à mettre en oeuvre les nouvelles missions qui leur ont été
confiées (extension de la prestation de compensation du
handicap aux enfants, réforme de l’allocation aux
adultes handicapés avec examen systématique de la
reconnaissance de la qualification de travailleur
handicapé), le conseil de la CNSA a répondu favorablement à
la demande du Gouvernement de porter de 45 à 60 millions
d’euros sa participation au financement des MDPH.
Pour 2010, cette dotation de 60 millions d’euros est
reconduite. Enfin, le Gouvernement souhaite mettre fin à
l’instabilité des personnels des MDPH qui nuit à
l’acquisition d’une expertise collective des
équipes et donc à la qualité du service rendu aux personnes
handicapées. À ce jour, la réflexion s’oriente, comme
le rapport des sénateurs Paul Blanc et Annie
Jarraud-Vergnolle le préconise, vers un maintien du GIP et
un maintien du statut des personnels de l’État mis à
disposition. Le Gouvernement travaille à donner plus de
visibilité aux départements et aux maisons départementales
des personnes handicapées en leur proposant une convention
annuelle de délégation de crédits et en mettant en oeuvre
une gestion incitative des ressources humaines. La
proposition de loi déposée par le sénateur Paul Blanc
pourra être le cadre adopté à la mise en oeuvre de pistes
d’actions visant à améliorer le fonctionnement des
MDPH. Ces évolutions se feront en concertation avec les
différents partenaires concernés : conseils généraux,
associations mais aussi représentants des personnels.
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